Autopartage

Synthèse webinaire expérience Engie

INTERVENANTS

Vincent HUILLE

Chef de projet Autopartage

ENGIE

Damien EL AHMADI

Responsable des Opérations Autopartage

Fullcar Services

Photo-Jean-Charles

Jean-Charles ARMAND

Directeur du Développement

Fullcar Services

Selon le Baromètre des flottes 2019 d’Arval Mobility Observatory, 4000 entreprises en France pratiquent l’autopartage, dont plus de la moitié sont des entreprises de plus de 100 collaborateurs.
La même étude note un intérêt croissant des entreprises pour ce concept, notamment chez celles de 100 à 1000 collaborateurs, dont 38% prévoit de passer à l’autopartage dans les 3 ans.

Elles trouvent dans l’autopartage une contribution à leur stratégie RSE, à la mise en place du Plan de Mobilité imposé par la loi de Transition Energétique, ou à la recherche d’économies sur le TCO de leur parc.
De fait, beaucoup se posent de nombreuses questions comme le dimensionnement du parc à partager, le type de véhicule à proposer et leur motorisation, sur le niveau d’économies réalisables, etc.

Autant de questions que nous avons posées à Vincent Huille, Mobility Manager en charge du projet Autopartage chez Engie, qui nous a apporté des éclairages issus de son expérience à l’occasion d’un webinaire qui s’est tenu le 03 décembre dernier.

Vidéo du Webinar Auto Partage en Entreprise
avec Vincent Huille, Jean-Charles Armand et Damien El Ahmadi.

Exemple de communication dans le cadre de la conduite du changement
pour fêter les
 1 an de 
l’AUTOPARTAGE chez ENGIE.

1. Quels objectifs peut-on poursuivre avec la mise en œuvre de l’autopartage ?

« En préambule, je voudrais situer ce projet dans le temps : nous l’avons lancé en 2015, l’année de la Cop21, et depuis nous avons depuis tiré quelques enseignements de nos 5 années d’expérience de l’Autopartage.

Bien sûr nous avons réalisé quelques économies notamment sur les indemnités kilométriques, en réduisant le recours aux taxis et aux locations courtes durées, mais notre objectif était principalement de réduire l’empreinte carbone de nos déplacements. En 2015 nous avons opté pour l’autopartage de véhicules électriques, une gageure à l’époque où l’autonomie de ce type de motorisation était assez faible. Mais en tant qu’énergéticien, Engie se devait de mettre en œuvre la décarbonisation de sa mobilité.

L’autopartage de véhicules électriques devait aussi contribuer à l’amélioration de notre marque employeur pour attirer les talents, en proposant un service moderne de mobilité accessible au plus grand nombre».

2. Comment dimensionner le parc en autopartage ?

« Il m’est difficile de répondre à cette question car le pilote que nous menons depuis cinq ans porte sur des véhicules de tourisme, accessibles aux collaborateurs ne bénéficiant pas de voiture de fonction ou de service.

Nous allons bientôt commencer à remplacer des véhicules de services attribués par de l’autopartage, et pour dimensionner ce parc nous pensons nous inspirer de l’exemple des bureaux partagés, concept apparu il y a une quinzaine d’année, et reprendre le mode de calcul utilisé pour définir le nombre de bureaux à proposer. »

Ceci étant, notre parc actuel est constitué de 30 véhicules répartis sur 2 sites. Nous proposons 3 types de véhicules : des ultra-citadines, de type Smart, des compactes polyvalentes de type Renault Zoé, et puis des SUV à grande autonomie comme la Kia e-Niro 64 KW.

Cet éventail nous permet de répondre au mieux aux besoins de nos collaborateurs.

Nous n’avons pas fait le choix des Hybrides pour éviter de devoir gérer les cartes essences et le problème des pleins de carburant ».

3. Quel type de motorisation doit on privilégier pour l’autopartage ?

« Tous les types de motorisation peuvent être utilisés dans le cadre de l’autopartage, mais dans notre cas, où les déplacements sont majoritairement urbains, il est vrai que « l’électrique » présente des avantages pratiques.

On s’affranchit de la gestion des pleins de carburants et des problématiques de « carte carburant ». Les véhicules reviennent à leur base où ils disposent de bornes de rechargement, et il est donc facile pour les utilisateurs de les mettre en charge pour le suivant, un geste simple et sans trop de contrainte, comme ils en ont pris l’habitude pour leur smartphone.

En revanche, certaines entreprises en province ont fait le choix du mix Electrique-Thermique, plus approprié aux parcours généralement plus longs dans leurs contextes.

Mais nous pensons généraliser l’utilisation de l’électrique pour l’autopartage car l’autonomie de cette technologie s’améliorant, elle nous offre une réponse au développement des zones à faible émission de carbone, notamment dans les grandes villes, où les véhicules thermiques seront à terme interdits en période de forte pollution ».

4. Comment conduire le changement pour réussir un projet d’autopartage ?

« Une des décisions que nous avons prise dans ce sens, est de donner l’accès au parc pour un usage privé le week-end.

Nos véhicules sont en location longue durée et ils ne servent à rien le week-end alors que certains de nos collaborateurs ne possèdent pas de véhicule, et souhaitent en disposer pour leur usage privé. Nous leur louons donc les véhicules contre une participation faible, mais suffisante pour ne pas être considérée comme un avantage en nature. 

Un autre facteur clé de succès est la simplicité d’utilisation du service. La réservation se fait sur une plateforme digitale, et le retrait et le retour des voitures ont lieu dans les parkings de l’entreprise. Cette facilité d’usage a transformé les utilisateurs en ambassadeurs de l’autopartage chez Engie.

Un autre facteur d’appropriation est le parfait état technique et de propreté du parc pour les utilisateurs.

Pour favoriser l’usage du parc, Il faut que les véhicules soient propres, en état de marche, et les différents niveaux de consommables vérifiés et complétés (lave glace, huile, liquide refroidissement, pression des pneus, etc). Pour cela nous faisons intervenir un prestataire, Fullcar Services, qui assure cet entretien permanent pour nous. 

En dernier lieu, nous avons également proposé des formations à la conduite de véhicules électriques, et un accompagnement lors de la première utilisation ».

5. Quelles sont les éléments constituant le projet d’autopartage ?

« Le premier est le financement. Nous avons choisi la location longue durée dont le coût, diminué des revenus provenant de la location aux collaborateurs, et finalement assez faible.

Pour la partie digitale, nous avons mis en œuvre la solution de Renault Mobility.

Cette solution permet aujourd’hui de réserver un véhicule en quelques clics, de l’ouvrir avec une application sur smartphone, puis de réaliser un état des lieux digitalisé. La même application servira au retour pour réaliser le même processus en sens inverse.

L’application enregistre une clé confidentielle au moment de la réservation. Elle sera ensuite communiquée au véhicule en Bluetooth crypté pour l’ouvrir et pour pouvoir le démarrer. Cela permet de s’affranchir des problèmes d’accès aux réseaux 4 G dans les parkings.

Cette simplicité d’utilisation est en grande partie responsable de l’accélération du recours à l’autopartage chez Engie. »

6. Quel est le taux d’utilisation des véhicules en autopartage ?

« Avant la crise du Covid, les véhicules sortaient au moins une fois par jour.

Le parking gratuit pour les voitures électriques dans Paris, favorise leur utilisation.

Nos véhicules ayant de forte autonomie, sont réservés tous les week-end presque trois mois à l’avance.

A titre indicatif, nous avons calculé le Net Promoter Score qui a atteint la note moyenne de 9.1/10 : 9 collaborateurs utilisateurs sur 10 recommanderaient l’utilisation de l’autopartage».

7. Quelle est la loi de roulage pour ces véhicules ?

« La loi de roulage prévisionnelle en 2015 était de 10.000 km/an/voiture, mais elle a été légèrement inférieure.

Nos 10 véhicules du début de l’opération ont comptabilisé 250.000 km depuis 2015, répartis sur environ 6.000 utilisations ».

8. Comment gérez-vous les contraventions ?

« Elles nous sont adressées par le loueur, et comme toutes les utilisations sont enregistrées sur la plateforme digitale, il est simple d’identifier le conducteur et de la lui transmettre pour règlement. Nous lui demandons également de nous produire un justificatif de paiement.

Mais cela ne concerne qu’une dizaine de contraventions par an ».